
•Le Répertoire des îles, Ultralab, éd. Burozoïque
•La Constituante piratesque, Mathieu Larnaudie, éd. Burozoïque
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En feuilletant ce matin un livre sur "les produits du jardin", j'ai croisé quelques bêtes connues et moins connues. Si tout le monde sait que la coccinelle mange les pucerons (ou aphidés), que la grive se délecte d'escargots et que le crapaud gloutonne limaces et autres moustiques, qui sait que le hérisson raffole des mille-pattes, que l'hémérobe joue la concurrente de la coccinelle et que le scolopendre gobe les oeufs de limaces. Eh oui, encore elle. La pauvre est la cible favorite des colocataires du jardin. Ne nous étonnons donc pas de son amour immodéré pour la bière. Oui, apprenons à respecter ce digne animal meurtri qui fuit avec lenteur (la légendaire lenteur étant réservée à l'escargot) ses soucis quotidiens et louons comme il se boit nos moyen-âgeux amis brasseurs qui lui ménagent de longue date une sortie honorable.
Je me promenais ce 14 juillet 2006 au milieu des étals de brocanteurs qui tapissent traditionnellement la France en ce jour de fête nationale lorsque je découvris ce livre inattendu mais tant espéré. Les seuls mots de l'introduction suffirent à me ravir et me convainquirent de sortir de ma poche les quelques centimes nécessaires à son acquisition.
“Il était tard lorsque nous bûmes. Nous pensions tous qu’il était grand temps de commencer. Ce qu’il y avait eu avant, on ne s’en souvenait plus. On se disait seulement qu’il était déjà tard. Savoir d’où chacun venait, en quel point du globe (et en tout cas ce n’était pas un point), et le jour du mois de quelle année, tout cela nous dépassait. On ne soulève pas de telle question quand on a soif.”


"De même qu’ils veulent toujours ne rien manquer, de même les clients de la société de masse, ne peuvent-ils rien laisser passer…. Alors que le mélomane du XIXe siècle se contentait de voir un seul acte de l’opéra, en partie pour cette raison barbare qu’il ne voulait pas abréger son dîner pour un spectacle, la barbarie est arrivée entre-temps à un point tel qu’elle ne parvient plus à se rassasier de culture. Tout programme doit être avalé jusqu’au bout, tout best seller doit être lu, tout film doit être vu pendant sa période de plus grand succès, dans la salle d’exclusivité. La masse de ce que l’on consomme sans discernement atteint des proportions inquiétantes. Elle empêche qu’on s’y retrouve et, de même que dans un grand magasin on se met en quête d’un guide, la population, coincée entre tout ce qui s’offre à elle, attend le sien".








Philippe Soupault. Photo : Man Ray